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La France réagit face à la situation au Kurdistan syrien

Au Kurdistan syrien, la situation que la ville d’Afrin connaît depuis une semaine a fait réagir le Président de la République hier.

Le 20 janvier 2018, les Turcs avaient lancé une opération militaire contre l’enclave d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, pour en déloger les Unités de protection du peuple (YPG).

Cette milice kurde partie prenante des Forces démocratiques syriennes (FDS) est considérée comme « terroriste » par Ankara mais fut alliée des Etats-Unis et de la France dans la lutte contre Daesh depuis 2014.

Le samedi 24 mars, la Turquie et ses supplétifs rebelles syriens ont pris le contrôle de l’ensemble de cette enclave afin de déloger les Kurdes des territoires qu’ils avaient récupérés à Daesh. Ankara craint qu’ils puissent créer un jour leur pays, le Kurdistan, qui serait situé à cheval sur quatre pays: la Syrie, l’Iran, la Turquie et l’Irak.

Après avoir pris Afrin, le président turc Erdogan vient d’ailleurs d’annoncer sa volonté d’éradiquer toute velléité d’un Kurdistan indépendant en Syrie. Dans ce contexte, l’ONU affirme que 167000 personnes ont été déplacées du fait de l’avancée des troupes turques à Afrin, et on compte aussi de nombreuses victimes civiles.

Alliée de la Turquie dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) mais aussi amie des Kurdes dans la lutte contre Daesh, la France se trouve dans une situation diplomatique fort compliquée à gérer.

Au vu de la dégradation de la situation régionale, Emmanuel Macron avait appelé ces derniers jours, l’ensemble des acteurs engagés sur le terrain (Russie, Iran et Turquie) à arrêter les hostilités afin de construire une solution politique durable.

Dans ce contexte, le Président de la République a reçu hier à l’Elysée une délégation des FDS du Rojava, une zone kurde autonome autoproclamée en Syrie. Lors de cet entretien, M. Macron leur a assuré « le soutien de la France, en particulier pour la stabilisation de la zone de sécurité au nord-est de la Syrie ». Il a aussi rappelé qu’à la suite de l’adoption de la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l’ONU, la France avait clairement exprimé sa préoccupation sur la situation d’Afrin et demandé le plein accès de l’aide humanitaire aux populations civiles.

Sans avoir accès aux détails d’une éventuelle participation militaire, la France pourrait envoyer des forces spéciales sur place très prochainement.

En renfort d’éléments français déjà présents près de la ville de Manbij, actuellement occupée par les Américains, l’objectif serait de bloquer l’avancée de l’armée turque et de lancer une opération humanitaire et médicale pour aider les civils kurdes. Cette hypothèse n’a pas été confirmée par l’Elysée qui indique « qu’un dialogue peut s’établir entre les FDS et la Turquie avec l’assistance de la France et de la communauté internationale ».

A ce stade, l’Elysée entend surtout convaincre ses partenaires européens jusqu’ici attentistes, d’agir dans le même sens. Cependant, certains Etats membres de l’UE sont fort sensibles à la gestion turque du dossier des migrants et craignent qu’Ankara rouvre ses frontières comme ce fut le cas en 2015.

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