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Cassel élu « village préféré des Français » : nous avons voté, et puis après ? Un regard sur la ruralité flamande

L’élection de Cassel comme « village préféré des Français » le 19 juin dernier a mis en exergue le patrimoine flamand, dans son folklore et sa beauté bucolique. « Village d’exception » comme l’a souligné Stéphane Bern et à l’image de Terdeghem en 2015, les aspects touristiques et le charme de nos villages attirent et suscitent l’intérêt et la passion de nombre de touristes. Et pourtant, le dynamisme des territoires flamands transcende l’aspect touristique et ne doit pas dissimuler l’énergie, le potentiel économique de nos terres qui gagneraient à être davantage connues.

Car non, la Flandre française n’est pas uniquement du folklore, n’en déplaise aux amateurs de carbonade flamande ou de la Renaissance flamande. Au-delà des produits renommés de nos territoires, ces derniers regorgent d’opportunités économiques qui pourraient se faire le terreau d’innovations technologiques. C’est d’emblée l’agriculture qui doit attirer notre attention, les Hauts-de-France étant la première région agricole de France avec 53000 emplois salariés. Avec près de 835 exploitations en Flandre Intérieure sur 161 communes pour 1600 emplois directs, nos terroirs représentent une opportunité majeure de développer les projets innovants liés à l’agriculture. Au-delà de cela, les initiatives liées au développement durable et aux objectifs de transition écologique et énergétique se développent et gagneraient à une plus grande médiatisation, de même que de très nombreuses entreprises dans l’agroalimentaire – près de 4700 entreprises en Flandre Intérieure pour 30000 emplois. De surcroit, c’est notamment cette remarquable ouverture dont bénéficie nos territoires qui devrait promouvoir les territoires ruraux : au carrefour européen entre la Belgique et la Manche, cette ouverture européenne devrait être synonyme de prospérité pour notre ruralité, et non pas seulement pour les métropoles.

Néanmoins, comme l’a souligné le sociologue Jean Viard, « le rural se sent abandonné ». Les réseaux de communication, les classes scolaires en zones rurales, l’accès aux soins, les problèmes de mobilité ou la question des retraites… ces inquiétudes doivent être prises en charge et faire l’objet d’une considération optimale dans la communication des exécutifs aux diverses échelles de responsabilité. Assurer la liaison avec nos terroirs et ne jamais laisser les extrémismes offrir de fausses perspectives d’avenir dans des terres où prospère le Front National ; tel est l’objectif qu’il nous faut poursuivre afin de redonner confiance à nos administrés. C’est pourquoi intervenir pour le développement économique est essentiel. Il nous faut pour ce faire dépasser l’image de nos terroirs comme subissant encore la désindustrialisation, image obsolète qui ne correspond plus ni aux enjeux actuels et la réalité économique flamande.

Aussi, en réponse à un élu de Rilly-sur-Vienne, Emmanuel Macron avait appelé à mettre un terme au « misérabilisme du rural ». Encore faut-il avoir les moyens et l’attention nécessaire afin d’attirer les diverses initiatives qui concourrons au développement de nos territoires ruraux. C’est la tâche que se donne le gouvernement autour d’un renforcement des politiques publiques, de leur efficacité et d’un soutien aux collectivités territoriales. Ne diminuant pas le montant des dotations globales de fonctionnement transférées aux collectivités territoriales pour leur financement malgré les économies nécessaires, le gouvernement cherche à promouvoir le développement du territoire. Qu’il s’agisse de l’éducation via le « plan mercredi » qui soutient les communes dans la mise en œuvre des loisirs éducatifs le mercredi pour les écoliers, ou en matière d’autonomie via un droit de différentiation des collectivités dans leurs compétences, l’Etat accompagne au quotidien les échelons décentralisés et la ruralité dans leurs tâches.

C’est donc une exigence pour nous, élus à l’échelle nationale mais également dans les collectivités territoriales et communautés des communes, de répondre aux défis rencontrés par la ruralité. « Le Village préféré des Français » a démontré la capacité d’attraction culturelle de nos territoires. Saisissons cette opportunité afin de donner à la ruralité l’attention qu’elle mérite et ainsi réaliser pleinement son potentiel économique !

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