Le pari de la négociation

Le Gouvernement a adressé ce jour aux partenaires sociaux sa lettre de cadrage de la négociation de l’assurance chômage. Plusieurs organisations syndicales et patronales ont d’ores et déjà réagi favorablement.

Pour atteindre le maximum d’efficacité dans le combat contre le chômage, il faut aussi réformer l’assurance chômage.

Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui on a une situation pénalisante pour tout le monde : des personnes qui cherchent sans succès un emploi durable et des entreprises qui cherchent sans succès des salariés.

Les règles de l’assurance chômage peuvent en partie entretenir cette situation pénalisante : ce sont ces règles qui sont en cause, pas les personnes.

Deux exemples de règles à faire évoluer :

– Actuellement, il est possible de cumuler indéfiniment revenu du travail et revenu du chômage : cela peut paraître protecteur, mais en fait cela aboutit bien souvent à prolonger une situation de précarité, parce que cela permet aussi aux entreprises de laisser les personnes en CDD, au lieu de leur proposer plus rapidement un CDI ;

– On n’est pas tous égaux face au chômage : on sait très bien qu’en fonction de son niveau de qualification, de son réseau social, on retrouve plus ou moins facilement un emploi. Or, les règles d’indemnisation, elles, sont les mêmes pour tout le monde, quel que soit son niveau de qualification. Derrière l’apparence d’égalité, on a donc quelque chose d’injuste, qu’il faut faire évoluer, pour tenir compte de l’inégalité des personnes face au chômage.

Ce que nous demandons aux partenaires sociaux dans le document de cadrage, c’est de faire évoluer les règles pour résoudre ces problèmes.

Parce que l’assurance chômage doit pouvoir continuer à indemniser correctement les gens en cas de crise, et que son niveau actuel d’endettement remet en cause cette capacité de protection à l’avenir, il faut aussi accélérer son désendettement. C’est pourquoi nous demandons aux partenaires sociaux de faire entre 1 et 1,3 Mds€ d’économie par an sur les trois prochaines années.

Mais notre priorité est claire : c’est de réduire le chômage et de faire progresser l’emploi stable.

C’est en agissant pour le retour à l’emploi et contre la précarité que des économies seront faites.

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