Tribune publiée le 26 avril 2021 dans Marianne.

Les réformes du baccalauréat et les confinements portent préjudice aux lycéens depuis deux ans. C’est pour cela que plusieurs associations lycéennes réclament la suspension des épreuves pour l’année 2021.

Nous, jeunes de France, prenons aujourd’hui la parole pour partager notre ressenti face à une année scolaire éprouvante. Étudier sur les bancs du lycée, dans les amphithéâtres, se rendre au cinéma, au théâtre, aux concerts, à la bibliothèque, pratiquer des activités sportives, culturelles, artistiques, aller en boîte de nuit, boire des verres entre amis. Toutes ces choses qui faisaient notre vie, qui rythmaient notre quotidien, ne sont plus.

Depuis le début de la crise sanitaire, la jeunesse est l’une des principales victimes face aux différentes restrictions sanitaires ayant pour but d’endiguer la pandémie de Covid-19. Études perturbées, précarité grandissante : les jeunes payent un lourd tribut depuis le début d’une crise sanitaire sans précédent.

SITUATION CATASTROPHIQUE

Après un début d’année scolaire rythmé par les gestes barrières et les adaptations dans nos lycées pour se protéger contre ce virus, le 28 octobre dernier, le président de la République déclenchait le second « confinement ». L’année dernière déjà, en mars 2020, des mesures avaient été prises pour faire face à cette pandémie alors inconnue.

Les écoles, collèges, lycées et universités ont été fermés durant deux mois, impactant la scolarité des élèves, menant à l’annulation globale des épreuves de baccalauréat et validant ce dernier examen en contrôle continu. Demi-groupes, fermetures des classes, taux de positivité grandissant et cas-contacts devinrent alors le quotidien des lycéennes et des lycéens.« Ces nouvelles dispositions, certes nécessaires pour faire face à cette épidémie, viennent encore une fois compliquer le quotidien des lycéennes et des lycéens »

De plus, ces mois ont généré des inégalités croissantes parmi les établissements scolaires. En effet, certains sont restés en « 100 % présentiel », d’autres en « 50 % présentiel », ce qui a accentué les retards dans les programmes et les inquiétudes des élèves, comme des professeurs. Cette situation a été pire pour les élèves en situation de handicap qui ont subi des retards bien plus importants dans leur quotidien.

C’EST DUR … D’ÊTRE LYCÉEN EN 2021

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », affirmait Emmanuel Macron, mais c’est également dur d’être lycéen en 2021.

Après ces mois compliqués et ces inégalités creusées, le président de la République dévoilait le 31 mars 2021 de nouvelles restrictions pour contrer la flambée de cas de Covid-19, due notamment à l’apparition de différents variants et à la saturation des services de réanimation dans les hôpitaux.

Les écoles, les collèges et les lycées ont donc fermé leurs portes pendant quatre semaines. Ces nouvelles dispositions, certes nécessaires pour faire face à cette épidémie, viennent encore une fois compliquer le quotidien des lycéennes et des lycéens et toucher l’avancement des programmes en vue de la session 2021 du baccalauréat. Le 22 avril 2021, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports annonçait la réouverture des lycées français en demi-jauges dès le 3 mai suivant.

UN BACCALAURÉAT DÉSORGANISÉ

Nous, lycéennes et lycéens, diminués depuis le début de cette année scolaire, après des mois de luttes et d’adaptations ayant pour conséquence inquiétudes et retards dans les programmes, exigeons aujourd’hui des décisions justes et équitables, conformes aux principes de l’Éducation nationale.

En novembre, pour les baccalauréats généraux et technologiques, Jean-Michel Blanquer a décrété :

– l’annulation des épreuves communes remplacées par le contrôle continu (1ère et Terminale)

– l’annulation des épreuves de spécialités pour les élèves de 1ère remplacées par le contrôle continu

– le maintien des épreuves de français en 1ère

– le maintien des épreuves de spécialités pour les élèves de Terminale

– le maintien des épreuves de philosophie et du grand oral (en Terminale).

Mais à ce jour, aucune adaptation n’a été prévue pour les baccalauréats professionnels. Les baccalauréats de section internationale échappent à cette mesure car contrairement aux autres filières, les épreuves se déroulent en présentiel et non en contrôle continu.

LE CONTRÔLE CONTINU DOIT ATTÉNUER LES INÉGALITÉS

Nous réclamons donc comme de nombreuses associations et organisations lycéennes, l’annulation des épreuves écrites et orales du baccalauréat pour l’ensemble des filières générales et technologiques ainsi que pour les filières professionnelles et les BTS afin d’assurer une lisibilité aux élèves, ainsi qu’un meilleur confort dans leur révision.« Ceux qui sont l’avenir de notre pays méritent mieux que de naviguer en eaux troubles »

Toutefois, le contrôle continu ne doit en aucun cas aggraver les inégalités entre lycéens mais au contraire, les atténuer au maximum. Il est donc pour nous indispensable que soient mises en place dans chaque académie des commissions d’harmonisation des notes des élèves, comme lors de la session 2019-2020 du baccalauréat.

RÉFORME DÉCRIÉE DU BACCALAURÉAT

Par ailleurs, les étudiants qui projettent l’an prochain de rejoindre l’université ont hélas supporté depuis deux ans la réforme décriée du baccalauréat défendue par Jean-Michel Blanquer. C’est la raison pour laquelle nous exigeons une adaptation des programmes pour leurs futures études afin qu’ils ne soient pas pénalisés.

Pour conclure, le stress des examens classiques renforcé par cette crise sanitaire est de plus en plus insupportable et intolérable pour les lycéens. Il faut donc dès maintenant un cap et une vision claire pour la suite des évènements.

Le ministère de tutelle se réserve le droit jusqu’à deux semaines avant les épreuves du baccalauréat la possibilité de confirmer ou d’annuler la tenue des examens. Ceux qui sont l’avenir de notre pays méritent mieux que de naviguer en eaux troubles, et espèrent entrevoir une éclaircie derrière cet épais brouillard qui dure depuis un an.

Signataires :

Dernier espoir

Mouvement jeunesse

Mdje

Bachelier 2021

Les lycéens ensembles

Snl

JRG-centre gauche

Jennifer De Temmerman, députée du Nord

Marine Brian

Written by

Marine Brian

Diplômée de l’Institut Supérieur de Communication et de Publicité de Paris et après des expériences professionnelles au Quai d’Orsay puis au Sénat, Marine a rejoint l’équipe de la députée en septembre 2019.
Elle est en charge de la communication et des relations publiques à l’Assemblée Nationale.