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Question au Gouvernement : Politique de l’eau et modèle agricole dominant

Mme Jennifer De Temmerman attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur le lien entre la politique française de l’eau et le modèle agricole dominant. Alors que le modèle de l’agriculture intensive est en grande partie responsable de la pollution des eaux en France, qui contiennent une quantité intolérable de pesticides et de nitrates, les tenants de ce modèle ne sont actuellement aucunement contraints à modifier ce fonctionnement productiviste. En effet, sur la base des chiffres de 2017, l’agriculture intensive ne paye que 7 % de la redevance pollution des agences de l’eau. Le reste à charge reste principalement payé par les contribuables consommateurs, en contradiction totale avec le principe « pollueur-payeur » qui régit pourtant la directive européenne 2000/60/CE du 23 octobre 2000 établissant un cadre solide pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau, il y a dix-sept ans. En outre, l’essentiel des aides publiques destinées au secteur agricole est aujourd’hui affecté à l’agriculture intensive au détriment de modèles agricoles qui consomment moins de pesticides, d’engrais et d’eau. Plusieurs exemples étrangers ont démontré que le coût impliqué par la réduction préventive des nitrates provenant du secteur agricole est moindre que celui engagé pour la dépollution des eaux nitratées. Or la part du budget des agences de l’eau allouée aux campagnes de prévention reste à ce jour minoritaire, l’essentiel des fonds étant dédié aux conséquences de la pollution des eaux. Plusieurs associations et ONG se sont récemment mobilisées dans le cadre des états généraux de l’alimentation, afin de solliciter un débat public sur ce sujet. Étant entendu que la transition écologique se fera bien avec et non contre les agriculteurs, il est important de les accompagner vers un nouveau modèle économique, social et écologique. Dans ce contexte, elle lui demande de bien vouloir présenter l’opinion du Gouvernement sur le principe « pollueur-payeur », sur la mise en place de dispositifs de prévention des pollutions agricoles et sur l’accompagnement public permettant une reconversion agricole.